La Mission Mondiale comme Signe de la Fin des Temps
« Et cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » — Matthieu 24:14
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Objectif
Comprendre la mission mondiale comme un mandat divin urgent et indispensable pour l'accomplissement du dessein rédempteur de Dieu dans l'histoire.
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Contexte Historique
Matthieu 24 s'inscrit dans une conversation profonde entre Jésus et ses disciples sur le mont des Oliviers, quelques jours avant la crucifixion. Les disciples avaient été impressionnés par la grandeur du Temple d'Hérode — l'une des merveilles du monde antique — mais Jésus les surprend en annonçant sa destruction totale. Cette déclaration suscite trois questions fondamentales : quand cela arrivera-t-il, quel sera le signe de la venue de Christ, et celui de la fin des temps. Tout le chapitre est une réponse à ces questions entrelacées.
Au premier siècle, le judaïsme vivait dans une attente intense d'un Messie politique qui libérerait Israël de la domination romaine. L'idée que le salut s'étendrait à toutes les nations était radicale et déconcertante. Le monde gréco-romain était organisé en peuples distincts — les ethne — avec leurs propres langues, religions et cultures. La mission que Jésus annonce dans ce verset brise toutes les frontières géographiques, ethniques et culturelles de l'époque, anticipant ce qui serait ratifié dans la Grande Commission de Matthieu 28:19-20.
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Analyse Verset par Verset
La formule initiale — « cette bonne nouvelle du royaume » — utilise le terme grec euangelion, littéralement « bonne nouvelle ». Ce n'est pas une philosophie vague ni un message moral générique, mais la proclamation spécifique que le Royaume de Dieu a fait irruption dans l'histoire en Jésus-Christ. C'est l'euangelion tês basileias — la bonne nouvelle du règne souverain de Dieu.
L'expression « le monde entier » traduit le grec oikoumenê, qui dans le contexte romain désignait le monde habité et civilisé. Jésus élargit radicalement ce concept : il n'est aucun coin de la terre exclu de la portée de ce message.
Le mot « nations » est le pluriel de ethnos — ethne — qui ne désigne pas seulement des pays politiquement définis, mais des groupes ethniques, linguistiques et culturels. On les appelle aujourd'hui les « peuples non atteints ». Le mandat n'est pas simplement géographique ; il est ethnolinguistique. La mission n'est pas accomplie tant qu'il existe des ethne sans accès à l'évangile dans leur propre langue et culture.
L'expression « pour servir de témoignage » vient de martyrion, racine du mot « martyr ». Rendre témoignage implique un engagement total, même jusqu'au sacrifice. La mission mondiale n'a jamais été décrite comme une activité confortable.
Enfin, « alors viendra la fin » — telos en grec — pointe vers la consommation du plan de Dieu. La mission mondiale n'est pas optionnelle : elle est directement liée au retour de Christ. Dieu, dans sa souveraineté, a choisi d'utiliser l'Église obéissante comme instrument de l'accomplissement prophétique.
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Questions pour la Réflexion en Groupe
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Application Pratique
La mission mondiale commence à la maison, mais elle ne s'y arrête pas. Chaque croyant est appelé à trois engagements concrets : prier régulièrement pour les peuples non atteints (utilise des ressources comme Operation World) ; donner financièrement au soutien des missionnaires et aux projets de traduction biblique ; et aller — que ce soit dans la rue d'à côté ou à l'autre bout du monde. Ton église peut adopter un peuple non atteint, apprendre son histoire et investir dans une prière spécifique. La mission mondiale n'est pas réservée aux « appelés spéciaux » — c'est le mode de vie normal de tout disciple de Christ.
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Verset à Mémoriser
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » — Matthieu 28:19
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